Nigéria : le mouvement Ogoni satisfait, mais critique Shell

Ecrit par: julien.j8s dans Environnement

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julien.j8s

Source : ICRA news

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Le mouvement nigérian pour la survie du peuple Ogoni (Mosop) s'est félicité de l'accord financier conclu aux Etats-unis par la multinationale Shell pour éviter un procès sur la mort par pendaison en 1995 de l'écrivain et militant écologique Ken Saro-Wiwa.
[08 Juillet 2009]
Interrogé par l'AFP, un responsable du Mosop a toutefois insisté pour que la compagnie anglo-néerlandaise répare les dégâts environnementaux causés selon lui par Shell dans le delta du Niger. Nous sommes satisfaits de cette compensation de 15,5 millions de dollars pour la mort de Ken Saro-Wiwa et huit autres dirigeants Ogoni, mais Shell doit s'attaquer au problème de la pollution et de la dégradation du pays Ogoni (sud du Nigeria), a déclaré Bariara Kpalap, porte-parole du Mosop.
Lundi, les plaignants avaient annoncé que Shell, accusée de complicité dans l'élimination de Saro-Wiwa, avait accepté de payer 15,5 millions de dollars pour régler le litige devant la justice américaine. Marco Simons, un des avocats des plaignants, a précisé qu'une partie de l'argent irait à ses clients et une autre à un fonds de soutien au peuple Ogoni, une fois les honoraires payés.
Shell a infligé beaucoup de souffrances au peuple Ogoni. En tant que fermiers et pêcheurs, nous avons été privés de notre gagne-pain à cause de la pollution, a poursuivi Bariara Kpalap. Shell avait été contraint de se retirer du pays Ogoni en 1993 après des émeutes. Des centaines de militants du Mosop avaient manifesté devant le siège de la multinationale à Port-Harcourt (Etat de Rivers) mais le rassemblement avait été sévèrement réprimée par les forces de l'ordre nigériane.
Pour une paix durable en pays Ogoni, Shell doit changer d'attitude: nous traiter comme des êtres civilisés et non nous exploiter, a encore déclaré le porte-parole du Mosop. Le mouvement non-violent avait été fondé par Ken Saro-Wiwa en 1993, du temps de la dictature du général Sani Abacha, pour dénoncer la pollution du delta du Niger par les grandes compagnies pétrolières étrangères. Pour les Ogoni, il était clair, après la pendaison deux ans plus tard de leur leader, que la multinationale anglo-néerlandaise et le régime militaire avaient partie liée. Shell a pour sa part toujours nié toute collusion avec la dictature du général Abacha pour protéger ses intérêts pétroliers en pays Ogoni.
L'accord financier conclu avec les plaignants, représentés par des avocats américains des droits de l'homme du Centre pour les droits constitutionnels, lui évite en tout cas l'embarras d'un procès. La plainte avait été déposée par un groupe de victimes, dont le fils de Saro-Wiwa, sur la base d'une loi américaine remontant à 1789 qui exige des sociétés ayant une présence substantielle aux Etats-Unis qu'elles respectent les lois américaines partout dans le monde. afp