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Dans le magazine de l'ADEME "Ademe&vous", celle-ci publie le dossier n° 37 - juillet_août 2010 :

Biocarburants
De l’or noir à l’heure verte !

et le constat est sans appel:

"Premier de la classe : le biodiesel obtenu à partir d’huiles alimentaires usagées et de graisses animales.  

 Les résultats sont probants avec une réduction de 90 % des émissions de GES, et une diminution de 80 % de la consommation d’énergie non renouvelable. "

 enjoy

 http://www.ademe.fr/htdocs/publications/dossier/av37/p1.htm


 

 


 

le 8 octobre 2009, l'ADEME avait enfin mise en ligne une première synthèse du très attendu rapport " Analyses de Cycle de Vie appliquées aux biocarburants de première génération consommés en France".

Depuis quelques jours, L'ADEME a finalement retiré cette note de son site web...

La polémique lancée par le Réseau Action Climat et France Environnement fait son chemin sur un rapport pro-agrocarburants à la solde des lobbys industriels !

à voir la discussion animée sur RUE 89

A suivre... en tout cas cette note je l'ai et je la laisse en ligne !! ainsi que quelques réflexions suite avec des échanges que j'ai eu avec Patrick Sadones de la confédération paysanne qui a suivi ce dossier.

 

   

Petit rappel historique

Cette étude est la 2ème du genre en France. La première datait de 2002 et s'appelait "Etude  ADEME-DIREM 2002". Grâce aux gains de CO2 alors annoncés, elle a servi d'alibi à la politique biocarburant française . Ce plan a été initié par Raffarin et favorise les solutions industrielles : Ethanol ( E10, E85 ) et Diester pour des proportions à atteindre de 10% en 2010. Seulement cette étude de 2002 semblait bien douteuse et plusieurs ONGs et écolos avaient dénoncé un rapport bidon.  Au Grenelle de l'environnement, il a donc été décidé de faire une 2ème étude, plus sérieuse celle-là. Et donc on l'attend toujours ! La première synthèse, publiée puis escamotée, donne quand même quelques indications.

Résultats de la synthèse ADEME 2009

Les gains de CO2 sont toujours là mais dans des proportions moindres. Le GROS hic c'est que cette synhtèse commence enfin à parler du changement d'affectation des sols ( p 8, 21 & 22 ) et évoque plusieurs scénarios. Ils restent très prudents sur le sujet et pour cause : dans les plus mauvaix scénarios, TOUS les biocarburants français ont des bilans CO2 moins bon que le pétrole !

Sur l'huile, l'étude relaierai les réserves des constructeurs automobiles français...qui sont décidément bien plus frileux ( ou de mauvaise foi ) que leurs homologues allemands. Pour rappel, chez nos voisins germaniques l'huile carburant est légale depuis 2000 et ils adaptent des moteurs HDI, DCI, TDI en respectant les normes antipollutions. La récupération des huiles usagées pour rouler sans transformations chimiques ( comme les roulemafrites ) ne sera à priori même pas évoquée dans ce nouveau rapport. Reste quand même que l'huile ( sous la dénomination HVP ) obtiendrai encore les meilleur bilans des biocarburants français...

Sinon cette étude à paraitre renoue de nouveau avec le controverse. Les gros producteurs de biocarburants auraient, comme en 2002, tout fait pour maximiser leurs bilans. Patrick Sadones, de la confédération paysanne, a participé à l'histoire et voici ce qu'il en pense .

 

DONC en résumé, on aura ( normalement ! ) bientôt une nouvelle étude quand l'ADEME ce sera enfin décidée...Le jeu de cache-cache sur la première synthèse n'augure en tout cas rien de bon. D'après les premiers éléments qui ont filtré, ça semblerait encore valable pour les biocarburants français. Mais un gros lièvre est levé : l'étude des CAS ( changements d'affectations des sols ) peut faire basculer tous ces beaux bilans dans le négatif total. Tout dépend du bilan carbone qu'on attribue à ces changements. Le débat "quel bilan pour les biocarburants" est encore loin d'être tranché...

Pendant ce temps les usines d'Ethanol et Diester tournent jours et nuits. Monsieur "toutlemonde" continue de rouler avec sans le savoir .... et l'argent coule à flot dans les poches des industriels de l'agro-énergie.

Roulez tranquilles citoyens !


Décidément, les résultats de l’étude " exhaustive et contradictoire " sur les bilans énergétiques et environnementaux des agrocarburants se font attendre.

Cette étude a été l’unique concession faite aux opposants de ces filières au Grenelle de l’Environnement. La phase méthodologique s’est déroulée de novembre 2007 à avril 2008. La phase de calcul des bilans n’a véritablement démarré qu’en janvier 2009.

Le bureau d’études Bio Intelligence Service a remis fin juin son rapport final à l’ADEME qui l’a fait parvenir à la société Ecointésys de Lausanne, laquelle avait jusqu’au 31 août pour effectuer la revue critique de l’étude.

La communication officielle des résultats était programmée pendant la " Semaine de la Mobilité " , du 14 au 20 septembre.

Selon les informations parcimonieusement reçues de l’ADEME, la publication des résultats de l’étude est repoussée à une date ultérieure. Suite à la revue critique, ordre a en effet été donné à Bio IS de revoir sa copie…

A l’issue de la dernière réunion du Comité Technique le 18 juin, les deux représentants des ONG qui y siégeaient avaient averti l’ADEME qu’ils ne cautionneraient pas le rapport de l’étude dans l’état où il leur avait été présenté, compte tenu des multiples anomalies qui s’y trouvaient. Les informations obtenues lors de l’étude permettent en effet d’établir des bilans ( voir pièce jointe) qui diffèrent radicalement de ceux auxquels parvient Bio IS.

Il est donc possible que la société chargée de la revue critique ait tenu compte des observations qui lui ont été transmises par les ONG, hors des canaux officiels.

En tout état de cause, le rapport qui sera publié fera l’objet d’un examen approfondi par les ONG impliquées dans l’étude, qui ne manqueront pas de faire connaître la lecture qu’elles en font.

Patrick Sadones EDEN

           Confédération paysanne.


 Bagnolet, le 29 juillet 2009
COMMUNIQUE DE PRESSE
Bioéthanol : les langues se délient…
Depuis 2005, la Confédération paysanne dénonce l’impasse que constitue le développement des filières industrielles de production d’agrocarburants et le bilan énergétique particulièrement médiocre des filières éthanol. Notre analyse se trouve aujourd’hui confortée suite à la participation d’un de nos adhérents à l’étude post Grenelle ADEME/ Bio IS sur les bilans énergétiques et environnementaux des agrocarburants. Cette analyse, dont une synthèse est jointe en annexe, sera présentée lors d’une conférence de presse organisée en septembre au siège du syndicat.


Malgré nos avertissements, de nombreuses coopératives se sont engagées dans les projets de production d’éthanol de céréales (BENP - Téréos à Lillebonne, ABENGOA à Lacq et CRISTANOL 2 à Bazancourt), encourageant les producteurs à signer des engagements de livraison assortis le plus souvent de souscriptions de parts sociales, ceci avec l’appui des Chambres d’Agriculture et de certains représentants professionnels.


Depuis quelques jours, des salariés dirigeants de certaines de ces coopératives montent au créneau pour dénoncer l’absence de rentabilité, actuelle et à venir, des filières éthanol de céréales, ne permettant pas aux producteurs d’espérer une valorisation intéressante des volumes engagés. Ainsi, Jean Pierre Cochet, directeur général de la coopérative de Champagne-Ardenne Cohésis, lourdement engagée dans le projet CRISTANOL 2 de Bazancourt ( 10% de sa collecte de blé pendant 10 ans) s’interroge sur la pérennité de ce projet face à la perspective de la baisse de la « défiscalisation » de l’éthanol, qui représente une subvention très importante pour cette filière, et de sa mise en concurrence avec l’éthanol de canne à sucre, produit avec une efficacité énergétique beaucoup plus forte.


ORAMA, filiale spécialisée Grandes Cultures de la FNSEA, en est aujourd’hui réduite à demander la mutualisation de l’approvisionnement des usines d’éthanol, ceci pour faire supporter à l’ensemble des producteurs les conséquences de choix politiques inappropriés dont elle a été l’un des principaux artisans.


La Confédération paysanne formule le vœu que cette affaire, dont le dénouement est proche, serve de leçon à chacun, et notamment aux décideurs politiques, parfois trop prompts à donner raison à des groupes de pression, sans prendre le temps d’étudier les avis contraires.

bilans énergétiques et environnementaux des agrocarburants:synthèse de l’étude post - Grenelle.

 

Contacts :
Patrick SADONES, en charge du dossier agro - carburants : 02 35 37 35 08
Régis HOCHART, secrétaire national : 06 08 75 00 73

 


ÉCO-TERRE - À Saint-Pierre-de-Chandieu, petite bourgade située au sud-ouest de Lyon, les voitures que l'on croise sentent souvent l'huile de friture. Et pour Huile_friturecause, Georges Martinez est installé là. Il y a cinq ans, il a troqué le gazole de son diesel contre de l'huile achetée en grande surface, « substitut moins polluant et moins cher ». Depuis, il fait des émules, au point d'avoir monté sa petite affaire. L'an dernier, il s'est lié avec l'association marseillaise Roule ma frite, spécialisée dans le recyclage d'huile végétale en carburant. Depuis, ils sont cent-vingt adhérents à délaisser les stations-service de la région lyonnaise pour faire le plein dans l'atelier de Georges...

Friture. Sur le trottoir qui longe les locaux de Roule ma frite Lyon, les tâches d'huile témoignent du passage régulier des adhérents. À 0,65€ le litre (et même 0,40€/l si l'adhérent fournit lui-même l'huile à recycler), beaucoup viennent pour faire des économies. Peu importe l'odeur de friture qui s'échappe du pot d'échappement. Le pouvoir calorimétrique de l'huile dépasse celui du gazole. « Avec la même quantité d'huile, vous pouvez parcourir jusqu'à 150 km de plus, sans rien modifier aux capacités de la voiture », précise Georges.

Dans le sous-sol qui lui sert d'atelier, des cuves remplies d'huile usagée, récoltée auprès des restaurants partenaires, sont entreposées. Chaque mois, l'association en recycle 15.000 litres. Après quinze jours de décantation, l'huile est filtrée, puis dépolarisée. George décrypte : « Nous créons un champs magnétique dans le tuyau où circule l'huile pour éclater la molécule et ranger les atomes en ligne droite. En d'autres termes, ce processus rend l'huile plus fluide ». Claire « comme de l'eau de roche », elle peut alors approvisionner les véhicules des adhérents.

Bertrand, 53 ans, fait le plein chez Roule ma frite Lyon depuis un an et demi. Malin, il récupère l'huile friture usagée chez un restaurateur qui d'ordinaire doit payer pour s'en débarrasser. Puis il la fait recycler par l'association. Il se déplace avec un vieux diesel qui n'a pas eu besoin de modifications pour rouler avec ce carburant de substitution. Les adhérents équipés de moteurs récents doivent en revanche faire installer un kit de bicarburation qui réchauffe l'huile et permet au moteur de démarrer. Cela coûte entre 850 et 1000 euros selon les modèles.

Législation. Rouler à l'huile végétale n'est pas sans risques. En France, l'huile recyclée ne figure pas dans la liste des carburants autorisés. L'usage de ces huiles sans traitement préalable est même fermement condamné par les administrations chargées des questions environnementales (Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (DRIRE) et à l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME). L'usager peut se voir taxer à hauteur de de 70% de sa consommation de carburant sur trois ans, et récolter une amende. Néanmoins, la législation évolue petit à petit. En 2007, la loi de finance a permis l'utilisation de l'huile végétale pour faire fonctionner les machines des agriculteurs et certains moyens de locomotion des employés territoriaux.

« En France, la législation actuelle n'est pas faite pour libéraliser l'utilisation de l'huile végétale en substitut du carburant », explique Yves Mengin, directeur adjoint des services douaniers de Lyon, qui reconnaît toutefois une ambiguïté avec une directive européenne reconnaissant les huiles végétales comme carburant. « Normalement, l'Etat se doit de faire appliquer les règlements communautaires, mais en France, appliquer une directive suppose la création d'une loi », ajoute-t-il. En attendant, les douaniers font de la prévention auprès des automobilistes et des revendeurs. « Il n'y a pas de verbalisation à grande échelle mais cela peut venir », admet-il.

Pour défendre ses adhérents en cas de réprimande, Roule ma frite travaille avec deux avocats. « Cela reste ambiguë pour une seule raison, peste Bertrand. Les solutions alternatives ne nuisent à personne sinon aux grands capitaux du pétrole! ». L'association compte un gendarme et un douanier parmi ses adhérents.


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