Synthèse bibliographique. État d'avancée des programmes

Pour toutes les discussions sur la prochaine génération de biocarburant.

Modérateur: Les modérateurs

Synthèse bibliographique. État d'avancée des programmes

Messagepar DL » Lun Déc 31, 2007 12:22 pm

Huile carburant d’algues
Les nouveaux chercheurs d’or vert américains

L’algaculture offre bien des promesses. Elle serait productrice d’électricité, d’hydrogène, de fertilisants, d’aliments du bétail et de carburant liquide. Aux Etats-Unis, des dizaines de start up, nées en 2007, recherchent et développent la production d’huile carburant à partir d’algues.


Sur le papier, produire de l’huile carburant à partir d’algues semble être la substitution la plus plausible au pétrole. Une production qui pourrait répondre à la fois aux problèmes environnementaux que sont les émissions de CO2 et aux besoins immenses d’énergies pour prospérer. La conversion par des algues de sources de carbone comme le CO2 en huile carburant aurait en effet des rendements de 30 à 100 fois supérieurs aux cultures oléagineuses. Logique quand on connaît la capacité de prolifération des algues. Il y a dans l’algaculture de quoi bien approvisionner la planète sans rogner sur ses besoins en nourriture.
Autant dire que ce défi technique de l’huile d’algue fait rêver : plus d’émissions de CO2, du biocarburant en quantité suffisante, propre et renouvelable puisque l’énergie originelle vient du soleil.

Des dizaines de start-up
Conscients de leur pétrodépendance, les États-Unis se passionnent pour ce sujet. En 2006 et 2007, on ne compte plus les start up, les blogs et les firmes ayant pignon sur rue qui annoncent le lancement d’une division de R&D ou d’une unité de production d’huile à partir d’algues. Ils se nomment GreenFuel Tech, Texas Clean Fuels, PetroAlgae, Victor Smorgon Group, OriginOil, Solazyme, Infinifuel Biodiesel, Solix Biofuels, GlobalGreen, Valcent, Greenshift - GS CleanTech, Aurora, General Atomics / CEHMM, Aquaflow, Petrosun, Greenshift, LiveFuels Inc, Algoil, et quantité d’autres.
BioKing, une de ces start up américaines, propose même des biophotoréacteurs à algues de différentes tailles.

Dispersion du savoir
Mais, pour l’instant, aucun volume significatif d’huile d’algue n’est sorti d’une quelconque usine, même pour les projets les plus concrets comme Greenfuel qui a pourtant levé 20 millions de dollars de fonds en 2006. Néanmoins, Aquaflow, une société néo-zélandaise, a réussi à alimenter une automobile avec seulement quelques litres d’huile d’algue. Parce qu’il fait rêver, ce nouvel or vert disperse le savoir et les énergies. De nombreux chercheurs, phycologues ou algologues et autres spécialistes de la question, persuadés de pouvoir y arriver seuls, quittent leur unité de recherche avec quelques dizaines de milliers de dollars en poche pour fonder leur start up. Symbole de cette dispersion du savoir, John Sheehan, a rejoint en août dernier Live Fuels, Inc. Ce chercheur avait commis un rapport fondateur, considéré aux États-Unis comme “la bible du futur”, sur les huiles produites par des algues, lorsqu’il était à la “National renewable energy laboratory (NREL)” - Le laboratoire national des énergies renouvelables, à Golden dans le Colorado.

Les pétroliers s’y mettent
Même les compagnies pétrolières se lancent dans l’aventure, certaines simplement pour s’acheter une image éthique comme Petrosun et d’autres, de manière plus sérieuse, en injectant d’importants fonds comme Chevron ou encore Shell. Le projet de ce pétrolier à Hawaï, appelé Cellena, mise sur la culture des algues dans d’immenses piscines à ciel ouvert utilisant de l’eau de mer.
D’autres pays se penchent aussi sur la question comme l’Inde avec Algoil et même la France depuis décembre 2006 avec le projet Shamash qui a levé 2,8 millions d’euros de fonds. Egalement, les Israéliens qui possèdent depuis longtemps des fermes algacoles comme Seambiotic ou Algatech dans le Neguev, mais qui restent très discrets sur les biocarburants d’algues.

Les difficultés techniques de l’algaculture
Pour faire aboutir de tels projets, les compétences requises sont nombreuses : génétique, phycologie, mécanique des fluides, biochimie et raffinage industriels, motorisation. Pour le moment, on tire de l’algaculture des composés spécifiques comme des colorants, des acides gras et d’autres composés comme les alginates à destination de l’agroalimentaire, de la pharmachimie ou de l’industrie cosmétique. Mais rien jusqu’à présent ne permet d’affirmer que les start up arriveront à des cultures d’algues contentant 80 % d’huile en poids comme le soutient GreenFuel, du moins en conditions industrielles. L’eutrophisation contrôlée, procédé par lequel les algues prolifèrent en conditions maîtrisées, est confrontée à de nombreux problèmes techniques : contamination des algues, viabilité du milieu. Se posent ensuite des questions sur la bonne solubilisation des gaz à base de carbone (fumées), l’optimisation de l’interface gaz/liquide, la nature des souches d’algues à utiliser, la dispersion de la lumière dans les photobioréacteurs, ou encore sur l’extraction et le raffinage de l’huile. Et enfin sur le coût de tels procédés.

Principale source d’intrants pour l’agriculture
Finalement, les chercheurs d’or vert devront probablement revenir à la réalité. Dans un premier temps, l’huile carburant risque de n’être qu’un coproduit de l’algaculture. Il est acquis que la biomasse d’algues peut être produite en quantité importante. Elle peut être source de fertilisants en remplacement des engrais, d’aliments pour le bétail et être méthanisée pour être convertie en électricité ce que le prévoient des spécialistes comme J. Benmann. Jean-Charles Clerc, autre scientifique à l’origine du projet Algoil, confirme : “Les résultats de production d’huile en laboratoire sont un succès mais impossible de contrôler la biomasse à grande échelle. Systématiquement une espèce plus résistante l’emporte sur la culture de P. Tricornutum. Le projet Algoil continu mais il ne s'agit plus que de l'huile mais aussi du biogaz à partir de spiruline”.
Voir dessous les liens bibliographiques.

David Lefebvre
Dernière édition par DL le Jeu Jan 03, 2008 2:30 pm, édité 1 fois au total.
DL
Motivé
Motivé
 
Messages: 408
Inscrit le: Mar Avr 19, 2005 10:34 pm

Messagepar LauF » Lun Déc 31, 2007 4:11 pm

Merci DL de me donner l'occasion de balancer ce lien : Shell se lance dans les algues...
100% dans ma LUCAS !!!
205 1.8D Lucas - Kit bicarbu maison [2EV, 12 plaques, c'est tout] ! ça tourne :) Décès contre une borne après 300llm dont 100 à l'huile
Xantia 1.9TD 390000km en mono
Avatar de l’utilisateur
LauF
Modérateur
Modérateur
 
Messages: 1845
Inscrit le: Mer Oct 20, 2004 3:21 pm
Localisation: Suisse


Retourner vers Biocarburants 2ème génération (Algues/Biomasse)

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 1 invité